Des lignes de craie blanche
Sur le trottoir tracées
Dessinent clairement
Le corps de la danseuse tuée
Au delà des nuages
En dépit des ordres contraires
De la mort sévère
Ses pas volatiles miment sans fin
Des pointes et des entrechats
Sans qu’on puisse les arrêter.
Du sol gris aux blanches nuées
Son cœur s’élance et retombe
Sans qu’on puisse le saisir
Autour d’elle
La ville s’impatiente
Reprend vie de plus belle
Sur un air de fête
Au son d’un tambour à peine voilé.
La dernière danse d’une ballerine sans nom
Question 1 : Repérez les images qui illustrent le thème de la ville. Quel lien y a-t-il avec celui de la danse et la danseuse?
Question 2 : Quelle interprétation pouvez-vous faire de la strophe suivante ? Vous semble-t-elle joyeuse ? Nerveuse ? Triste ?
« Du sol gris aux blanches nuées
Son cœur s’élance et retombe
Sans qu’on puisse le saisir »
Question 3 : Qui ou quoi aurait tué la danseuse dans ce poème ? Est-ce une personne, une situation, un état ? Est-ce à prendre au sens littéral ou imagé ?
Question 4 : Pourriez-vous ajouter un vers, après le dernier de cette strophe, afin de donner une teinte différente à la finale du poème ?
« Autour d’elle
La ville s’impatiente
Reprend vie de plus belle
Sur un air de fête
Au son d’un tambour à peine voilé. »
Exercice d’écriture :
Inspirez-vous du poème de Anne Hébert et écrivez un poème qui mettrait en scène un danseur ou une danseuse en pleine chorégraphie dans les rues de votre ville.
« La danseuse tuée », Poèmes pour la main gauche, Éditions du Boréal, p. 23.