I
DANSER l'air
et ses proies SANS CORPS
II
à voir le sol
le flanc brillant
c’est du corps
enfin
la lame
viens
viens choisir tes os
III
les mains rouges de rouges de rouges
après
dedans dehors
un toucher
fracture ouverte des gravités
les mains de
(simplement ce ne sont pas les murs)
j’ai vu ce que j’ignore encore
IV
étire nerfs
secoue le vent
l’animal est l’endroit
- comme c’est vrai -
est l’envers
à la ligne où tout ce qui existe
dit :
à l’origine
le cœur est là
pour être mangé
V
demi-pointes
avec du noir filtré
elle
il
et
ou
pas il
lorsque
le pas
la multiplie
La danse révélée sous un jour physique et exigeant.
Question 1 : Le poème est écrit de manière très saccadée, à l’aide de vers très courts. Quel effet cela provoque-t-il chez vous?
Question 2 : Dans la section 1, les mots « DANSER » et « SANS CORPS » sont écrits en lettres majuscules. Qu’est-ce qui explique ce choix graphique selon vous?
Question 3 : Comment interprétez-vous le vers « j’ai vu ce que j’ignore encore »?
Question 4 : Observez l’utilisation de la ponctuation dans le poème, comme le tiret et la parenthèse. Selon vous, qu’ajoute-t-elle au propos du texte?
Exercice d’écriture :
À partir d’un poème que vous avez déjà rédigé, amusez-vous à en faire une version légèrement différente en jouant avec la ponctuation. Lisez-le à voix haute pour observer ce que la ponctuation apporte au rythme, aux silences, etc.
Lien utile :
Le poème de Martine Audet est inspiré d’une œuvre de la danseuse Louise Lecavalier.
Visionnez une capsule consacrée au style particulier de la chorégraphe.
« neuf pas pour Mille batailles », Des formes utiles, Éditions du Noroît, p. 75 à 79.