nous sommes venues de loin
pour arriver ici
avec nos vertèbres et nos enclos
avec nos systèmes nerveux
et nos hymnes nationaux
vagabondes vers le rétrécissement
nous avons frisé la folie
et risqué beaucoup
piétiné sur place
renforcé la palissade
vendu les peaux
drainé le marécage
perdu nos clés
et fait
beaucoup
de mal
pour arriver ici
sciées entre
un continent en feu
un océan hanté
et une troisième chose
périlleuse, tranquille et exigeante
réparer sans refaire
rester mineure et à l’écoute
une gentillesse
qui effleure et qui alimente
les cours d’eau
Ce poème évoque la douleur d’un peuple écrasé par un autre, et comment le territoire en subit les contrecoups.
1. Quel est le temps de verbe principal utilisé dans ce poème? Change-t-il au fil du texte?
2. Selon vous, à qui fait référence le « nous » dans ce poème? Quels indices avons-nous pour le déterminer?
3. Ce poème énumère plusieurs actions posées par le « nous ». Ces actions semblent-elles majoritairement positives ou négatives? Voyez-vous une différence dans la nature des actions posées par le « nous » entre la première et la dernière strophe?
4. Diriez-vous que ce poème est plutôt personnel ou plutôt politique? Pourquoi?
5. Ce poème est construit avec des vers très courts. Comment pourriez-vous faire ressentir ce rythme en le récitant à voix haute?
ACTIVITÉ D’ÉCRITURE
Pensez à un groupe auquel vous ressentez une certaine appartenance, qui correspond à une part de votre identité (de genre, ethnique, religieuse, etc.). En vous inspirant du poème de Névé Dumas, écrivez au « nous » comme si vous preniez la parole au nom de ce groupe.
LIENS UTILES
Névé Dumas interprète « nous sommes venues de loin… » : https://www.facebook.com/watch/?v=1441227843184473
névé dumas, poème dégénéré, l’oie de cravan, 2025