Je suis bonne
je me répète je suis bonne
pour monter en épingle
les bombes dans les issues
possibles
pour caviarder le paysage
mes chances se brisent à mesure
que j’avance
que j’évite les objections
les diatribes à l’emporte-pièce
quitte à avaler les diamants
je réclame les ponts
même tordus je les prends
je ne peux plus me rendre
au verbe aimer sans défenses
il n’y a que des murs
installés avec art
pour faire dévier la fuite
pour parler de nous
dans le déni constant du nombre
de la quatrième personne
oubliée
dans la table de conjugaison
au pointer du doigt
au parler
seul·e
parler largesses fabuleuses
parler valises vides
comme encerclé·es de nulle joie
entre nous parler
Années
1e à 3e sec./7e à 9e année
4e sec. au cégep 1/10e à 12e année
Référence bibliographique
Caroline Louisseize, « Je suis bonne... », La pire affaire, Le Noroît, 2025, p. 65.