Avec ma lampe de poche
je conte à mon frère
des histoires de peur
Des histoires de sorcières
qui ont mal au ventre
et pourchassent les petits gars
qui n'écoutent pas
Elles laissent derrière elles
une traînée de sang
parlent le langage des hiboux
qui leur prêtent leurs yeux la nuit
Ça ne l'effraie pas vraiment
Il en redemande
Mais quand il se colle sur moi
c'est chaud et je peux
fermer les paupières
enfin
Je me liquéfie
dans mes petites culottes
C'est normal
mais
ça ressemble à une maladie
un truc contagieux
Ma mère m'a acheté ce qu'il faut
des serviettes grosses comme des nuages
des tampons en forme de fusées
Quand j'ai essayé d'en mettre un
j'ai pleuré
Chaque crampe me rapproche
de l'inconnue
Cette moi
que je ne suis pas encore
Utilise les comparaisons pour partager tes sentiments
J'aimerais vous proposer un petit exercice d'écriture : un exercice de comparaison avec le mot « comme ». Pensez à un émotion–comme la peur, la tristesse, la joie–, à un animal, et à une couleur. Et là on va faire des comparaisons. Par exemple, moi je choisis la colère, un ours et la couleur rouge. Et donc je pourrais dire : « la colère est comme un ours rouge » ou « ma colère est rouge comme la bouche d'un ours ». Donc vous pouvez essayer des choses, même des choses surprenantes, comme des papillons avec la colère! Donc « ma colère est comme des papillons rouges qui sortent de ma bouche » ou « des papillons rouges dans mon ventre ». Essayez et faites des comparaisons surprenantes pour faire des images comme dans un poème!
Aimée Verret, Dans mon garde-robe, Éditions de la courte échelle, 2021, p. 37 et 39.