Biographie
Née à Montréal, où elle réside toujours, Aimée Verret est autrice jeunesse, poète et éditrice au Cheval d’août. Ses trois premiers recueils de poésie, Ce qui a brûlé (Triptyque, 2010), Écharpe (Triptyque 2014) et Monstres marins (Del Busso, 2019), abordent différents aspects du deuil. Elle est également reconnue pour ses nombreux livres qui s’adressent tant aux enfants du primaire qu’aux adolescents. Ses pratiques de la poésie et de la littérature jeunesse se maillent dans son recueil Dans mon garde-robe (La courte échelle, 2021), finaliste du prix Alvine-Bélisle et du prix TD de littérature canadienne pour l’enfance et la jeunesse. La parution de son prochain livre de poésie, Verbe modèle, est prévue au Lézard amoureux à l'automne 2025.
Entrevue
On en a lu au secondaire; je me rappelle que mon amie et moi étions plutôt fleur bleue et qu'on aimait les poèmes de Ronsard. Sinon, au cégep, on m'a fait découvrir Baudelaire (« Une charogne » m'avait vraiment frappée : on peut faire de la poésie sur ce qui n'est pas beau!) et Saint-Denys-Garneau (« C'est là sans appui »).
J'écrivais de la poésie au secondaire et c'était très MAUVAIS. J'ai commencé à pratiquer la poésie plus sérieusement au baccalauréat en littérature, puis j'ai écrit un recueil de poèmes en prose pour mon mémoire de maîtrise, qui est devenu mon premier livre (Ce qui a brûlé). Je pense que je me suis considérée comme poète quand j'ai déposé mon mémoire, mais c'est un peu abstrait. Je trouvais que ça sonnait pompeux!
C'est un travail rémunéré « par la bande ». Plus que la vente de livres, ce sont les invitations, les activités, les ateliers, les bourses ou les prix qui nous font vivre. Le livre est le fondement, le prétexte et l'accessoire. Sur le plan plus artistique, je pense que le travail du poète est de lire les autres poètes, de ne jamais cesser de réfléchir, d'explorer.
Le poème « Quelqu'un finit toujours par me dire » a plusieurs inspirations. Premièrement, il s'agit de plusieurs de mes poèmes de mon recueil Dans mon garde-robe rassemblés. Ce qui m'a inspirée ici est, premièrement, qu'on traite souvent de l'envie (légitime) des ados de vieillir plus vite, mais moins souvent de la partie d'eux qui veut rester enfant et continuer à jouer. On cache cette facette de nous devant nos ami·e·s pour ne pas avoir l'air bébé. Et les marques sur le cadre de porte, qui ponctuent l'enfance et s'arrêtent au nouvel anniversaire m'ont été inspirées par les traits que j'ai trouvés dans un garde-robe de ma nouvelle maison, laissés par la famille qui habitait ici avant.
Le poème « Je ne dis rien », tiré de mon recueil Écharpe, est difficile à définir en dehors des autres textes du livre. L'ensemble m'a été inspiré par ma propre expérience de la danse, et par la mort de la danseuse Isadora Duncan, dans laquelle s'est miré le décès de ma grand-mère.
Hum, choix extrêmement difficile! Je penche pour « Je n'arrive pas à faire... » d'Erika Soucy, car je trouve toujours que ses textes m'habitent et je retrouve ma langue dans la sienne.