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Des vers qui n’ont pas de mètre régulier.
j'ai passé ben du temps
au téléphone pour faire taire mes rêves
la planète était toute tendue
La pluie me suit.
Je fuis comme un bruit.
Le bruit s’éloigne de sa naissance.
Comme tu sembles calme…
L’ange qui marche obstinément derrière toi
D’un soleil …
là dans la torpeur de la cour nous aurions arrosé le riz de senteurs de haricots ou de champignons noirs de membres de gallinacées et d’effluves de citronnelle
J’écris comme on consulte un album de photos
une photographie, c’est l’existence au plus-que-parfait du subjonctif
à l’imparfait du subversif, du disjonctif
assis sur la muraille en fleur de mes limites
je regarde sérieusement dans son moment donné
oh le cadeau de vent woups l’allure de l’éternité
Fès, mamie
mon imprécatrice chauve
aux talons gercés dans la boue de l’hiver
j’en veux
encore, toujours plus, insatiable
je veux les remuer à la pelle
C’est la guerre
c’est très excitant
J’habite un espace où le froid triomphe de l’herbe, où la grisaille règne en lourdeur
…
Sylvia et Ann boivent des martinis dans le bar
d’un hôtel à Boston. Leurs robes aux motifs soyeux
s’enroulent autour de leurs doigts ; elles se demandent
barque funéraire
sans rame
avec le mort étendu sur une table basse
les chevals sont des animals doux et calmes
quand ils vont contents de se bien chevaucher
un petit cheval vient pour l’autre galopade
cuir rouge
peau verte
soupe aux pois jaunes du Québec
Au bout du quai
déjà
ce n’est plus la terre
L’enfant qui jouait le voilà maigre et courbé
L’enfant qui pleurait le voilà les yeux brûlés
L’enfant qui dansait une ronde le voilà qui court après le tramway
Est-ce déjà l’heure
Ma tendre peur
Est-ce l’heure l’heure