On m’a dit qu’il fallait briller,
que le monde n’aimait que les surfaces lisses,
que les silences bien rangés valent mieux que les cris tordus.
Alors j’ai poli mes angles,
j’ai repeint mes doutes,
j’ai mis du blanc sur les fissures.
Mais rien ne vibrait.
Car au fond,
ce qui tremble, ce qui casse, ce qui pleure,
porte en lui une lumière que la perfection ignore.
Un cœur trop lisse ne laisse aucune prise,
un regard trop parfait ne sait pas pleurer.
C’est dans les fêlures que la lumière s’infiltre,
dans les maladresses que la tendresse ose naître,
dans les blessures que l’on apprend à nommer le vrai.
Je ne veux plus être parfait.
Je veux mes hésitations,
mes « presque »,
mes « j’ai essayé »,
mes silences qui parlent trop fort,
mes ratures sur les pages de moi-même.
Car c’est là que je vis.
Là que je suis vrai.
Là que j’aime.
Et si tu veux me voir vraiment,
ne cherche pas ce que je cache,
regarde ce qui déborde.