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Achillée Millefeuille

par Monica Kelada

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Je protège.
Je guéris.
Je me tiens droite
dans la terre des autres.

Quand tu saignes,
je m’ouvre.
Je deviens pansement,
je deviens source,
je laisse couler mon eau
jusqu’à ta racine.

Mais quand c’est moi
qui me vide,
qui offre la feuille,
qui recueille mes plaies
dans le creux de mes tiges,
qui me soigne ?

On m’appelle remède.
On m’arrache sans demander.
On boit ma lumière
comme si elle ne connaissait
ni nuit
ni fin.

Je suis une fleur
aux feuilles cisaillées,
entaillées par trop de mains,
par trop de besoins
qui n’étaient pas les miens.

J’ai laissé les autres
survivre en moi.
J’ai laissé mes racines
servir d’abri
pendant que je me desséchais
en silence.

Aujourd’hui, je m’arrête.
Je reprends mon eau.
Je replie mes feuilles blessées
contre mon cœur de tige.

Je retire de ma vase
les racines étrangères,
celles qui buvaient ma force
et étouffaient
ma propre croissance.

Guérir
n’est pas toujours
sauver l’autre.

Parfois,
c’est apprendre
à rester entière.

Je ne suis pas moins fleur
parce que je me choisis.

Je suis achillée
force,
limite,
et cicatrice sacrée.
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