Hyperbole

Poème qui emploie une expression ou image exagérée afin de mettre en valeur une idée simple.

J’ai collectionné…

j’ai collectionné

les croyances et les médicaments

les heures de sommeil et les migraines

 

je suis devenue un

diagnostic

je suis devenue

officiellement folle

 

maintenant il faut

passer au feu et à autre chose

 

je dessine

dans les marges de mes cahiers

les formes subtiles

de la fuite

 

je garde au creux de ma gorge

quelques ambiguïtés

Mon sexe est une blessure liquide...

Mon sexe est une blessure liquide

une armée de solitudes se dresse en moi

je suis d’albâtre et d’agave

 

des eaux charrient

des misères océanes

plus vieilles que moi

plus fortes que moi

 

des désordres désarmés

me guettent

aux rivages trop boueux

 

la vie me déshabille

nue de pierre

nue de vent

 

je n’ai que des peaux

viles

fidèles aux marées

 

une douleur imprenable

Ton absence résonne en moi (d’après Marina Tsvetaeva)

Comment vas-tu lorsque

tu es au loin.

Comment vont tes mains

et tes lèvres.

Comment va ton souffle.

Comment vont tes gestes paisibles.

Comment vont tes pas vifs.

Comment va ton corps très droit.

Comment ça va sans les qualificatifs —

paisible vif et droit.

 

Les références n’ont plus cours

à force d’aller au plus simple.

Tant de signes jetés — éconduits —

balayés.

j’accède aux profondeurs

je n’y amène personne.

Votre état nous inquiète

nous aimerions vous faire du bien

vous offrir à nos frais

une journée de rêve

 

voyage payé par le poème tout compris

des ortolans de l’eau turquoise

cocotiers ventilateurs

des oiseaux de paradis sur l’édredon

 

pour l’amour des cœurs fléchés

des roses noires pour la mort

 

pourrions vous effrayer

comme au cinéma

ou en forêt la nuit

 

pour le stress un patch de nicotine

Gatorade pour le sport

 

je n’arrive pas à faire...

je n’arrive pas à faire

comme dans les livres arlequins

parce qu’il y avait tes chansons

qui berçaient les cadavres

 

tqs dans le noir

te faisait penser à l’éclat de la lune

 

tu hurlais tellement fort

 

entre le mur et le lit

pour que j’y dorme mieux

 

vaincre la peur de l’enfer

l’enfer

pire qu’être ici

 

célébrer des messes basses

pour te donner raison

 

Je choisis les noeuds

Je choisis les nœuds

dans ma gorge

le risque peut bien en exciter d'autres que moi

plus courageux que moi

 

plus capables que moi

de chevaucher les menaces

de foudre

sur les rachis

 

je choisis

la distance

puisque de toute façon

le crâne

creuse son fossé

entre la tendresse et le monde.

 

Je suis capable des yeux les plus vides

les plus stridents

 

je suis capable

des pires attaques

Dans la cuisine...

Dans la cuisine

ma mère recousait des ailes

rapiéçait des membres

ma mère était une magicienne

elle faisait des costumes

des armures avec des pattes

des pyjamas pour chiens

des abris pour les âmes


Un jour

par une chaude journée d'été

elle est disparue


devant le barbecue


les instruments à la main

aspirée par un nuage de fumée

et d'assaisonnements exotiques

Et moi assise à la table de jardin

je pressais des citrons

pour la limonade

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